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Jaden Lavi, une histoire de transmission

21 août
4 min de lecture

Dès le début de ce projet, l'idée de la transmission et de la reproduction de ce projet avaient été pensées. Comment partager ce que l'on a créé avec des personnes que l'on ne connaît pas ? Comment faire vivre des ateliers que l'on a conçus au-delà du moment T ? Ce sont les questions que se sont posées les membres du groupe dans la dernière partie de ce projet.

Et c'est ainsi que la "Boîte à outils" Jaden Lavi est née !

C'est un ensemble de fiches d'activités ainsi qu'un répertoire des acteurs du territoire en lien avec le jardin créole et une fiche "conseils". L'idée est d'avoir des outils simples d'utilisation et personnalisables afin que celles et ceux qui voudraient réaliser ces ateliers pour sensibiliser à l'importance du jardin créole et des savoirs qui en découlent, puissent aisément s'en saisir.

Ces fiches peuvent être saisies comme modèle pour développer d'autres activités ou comme notice pour réaliser les mêmes ateliers.

La preuve que les "graines" poussent déjà : l'école Fribert Fessin

S'il fallait une illustration concrète de ce que peut donner cette transmission, elle est là : dès la rentrée, l'école Fibert Fessin va lancer son propre jardin créole, dans la continuité directe des ateliers menés avec les élèves d'ULIS et de CE2.

Tout a commencé avec la première séance, "Sport et cycle de la vie au jardin" : un grand jeu sportif où chaque enfant devenait, le temps du jeu, un anolis prédateur, une chenille phytophage ou un chou producteur. En courant, en se faisant "manger" ou en régulant les populations d'insectes, les élèves ont compris sur le terrain, dans l'action, ce qu'aucun schéma ne leur aurait aussi bien expliqué : rien ne se perd, tout se transforme, et la mort de l'un nourrit la vie de l'autre.

La seconde séance, "Mwen konet se plant jaden la", a pris le relais avec un jeu de tri entre plantes nourricières et plantes médicinales, suivi d'un memory des plantes créé spécialement par Jaden Lavi.

Le "Jeu Memory" est consacré à vingt plantes locales — dix nourricières (manioc, banane, patate douce, mangue...) et dix médicinales (atoumo, gros thym, citronnelle, zèb a pik...). Chaque plante devient une paire de cartes à retrouver, avec son image, son nom en français et en créole. Une activité pensée pour être rejouée par n'importe qui. En effet, c'est un jeu pensé pour être intergénérationnel ! Le jeu terminé, les enfants reclassent eux-mêmes les cartes en deux familles — "ça se mange" et "ça soigne" — de quoi ancrer un peu plus les repères qu'ils ont commencé à construire.

Avec la Séance n°3, les enfants sont devenus créateurs à leur tour : sur des galets plats, au feutres spéciaux, ils ont dessiné et écrit les petits écriteaux qui orneront bientôt le jardin de l'EHPAD— moustaches de chat, gros thym, patate douce, thé pays, capucines, étoile égyptienne... Autant de noms et de savoirs qui, grâce à ces galets, ne resteront pas enfermés dans une salle de classe.

C'est un cadeau que les enfants ont installé dans le jardin de l'EHPAD, un joli échange qui restera dans leurs mémoires.


Puis vient la Séance n°4, "Bouturage" — sans doute la plus symbolique pour la suite du projet. L'objectif est clair, écrit noir sur blanc dans la fiche : "faire voyager le jardin pour créer d'autres jardins". En petits groupes, avec un jeune à la terre, un à la coupe et un à l'eau, les enfants ont prélevé un bout de gros thym, l'ont planté dans un petit pot (parfois un simple pot de yaourt recyclé) pour repartir avec leur propre bouture.

Pour la dernière séance, un cercle de parole a permis de reprendre les bases : de quoi une plante a-t-elle besoin pour vivre (les nutriments par les racines, la photosynthèse), qui sont ses alliés (les oiseaux, les pollinisateurs comme les abeilles, les papillons, les chauves-souris ou les bourdons), quelles plantes on mange et en quoi sont-elles importantes pour la santé. Puis, en petits groupes et coachés par un membre de l'équipe, les enfants ont dû jouer une scénette pour illustrer un moment au jardin. Les spectateurs, résidents de l'EHPAD ainsi que les parents accompagnateurs, ont dû jouer à deviner la scène sous leurs yeux !

Puis un petit quiz vrai/faux ("l'anolis protège les plantes", "je peux manger toutes les plantes"...) est venu consolider tout ce chemin parcouru.


C'est exactement l'esprit de la Boîte à outils : des ateliers pensés pour être rejoués, adaptés, prolongés — et, littéralement dans le cas du bouturage, transportés d'un jardin à l'autre. À Fibert Fessin, ces séances ne s'arrêtent pas à la fin du projet : elles deviennent le point de départ d'un vrai jardin, entretenu par les élèves eux-mêmes à la rentrée, qui sait, peut-être que l'on retrouvera les toutes premières boutures de gros thym rapportées de l'EHPAD ?


De la fiche "conseils" à la terre

Pour accompagner ce démarrage, la fiche "Conseils du jardin" de la Boîte à outils est la première à lire : bien choisir l'emplacement selon le soleil et l'eau, avancer par petits objectifs réalisables plutôt que de viser trop grand, entretenir une ambiance conviviale dans l'équipe, et surtout — s'amuser, même quand tout ne va pas toujours comme prévu. Autant de repères simples que l'école pourra suivre pas à pas.

Et si l'équipe pédagogique a besoin de renfort ou de ressources, la fiche "Contacts" recense déjà une dizaine de structures du territoire comme Bwakapab ou ComeAndDo, capables d'apporter des plants, un savoir-faire ou un coup de main.

Le jardin créole de Fibert Fessin n'est donc pas un aboutissement, mais un premier bourgeon. Et c'est précisément ce que Jaden Lavi espérait semer : que ce projet continue de pousser !

Alors à votre tour de passer à l'action ? La boîte à outils est disponible ici !

 
 
 

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